27 septembre 2005

Le NAIRU dans les textes...

Comme vous le voyez sur le graphique ci-dessous, le NAIRU existe bien (si encore vous en doutiez) et les chiffres d'estimation de ces NAIRUs sont impressionnants. En réalité, si on regarde la majorité des pays européens, on se rend compte que ces chiffres (qui sont des calculs à but de recommandations et non des mesures, je le répète encore une fois!) ont considérablement augmenté depuis trente ans, passant de quelques pourcents (ce qu'on appelait alors le "chômage incompressible") aux chiffres actuels. Il est amusant de préciser que notre économiste par qui tout a commencé, Phillips et sa fameuse courbe, estimait en 1958 ce taux de chômage incompressible à ... 2%!

Ouais mais depuis, l'économie s'est modifiée, la FINANCE comme sphère quasi autonome est devenue prépondérante, et afin de rétablir des profits qui commençaient à s'éroder sérieusement au début des années 70, le capitalisme a été contraint de modifier les règles du jeu. La vogue du NAIRU dans les cercles économistes influents, et sa récupération dogmatique par les milieux des affaires et de la finance qui y ont vite compris leur intérêt, en retrace bien les enjeux.

Pour revenir aux chiffres des NAIRUs européens, ils n'ont amorcé une lente stabilisation et une légère baisse que depuis quelques années, sous l'impact quasi mécanique des politiques dites de "réformes des marchés du travail", menées par les gouvernements à orientations libérales qu'ils soient de droite ou de gauche d'ailleurs: Aznar en Espagne, Berlusconi en Italie, Schroeder en Allemagne. Au tour de la France désormais.
Ainsi en Allemagne, et toujours selon les chiffres de l'OCDE, le NAIRU calculé serait passé de 9,6% (en 1997) à 8,2% (en 2001) sous l'effet de ces "réformes allant dans le bon sens" (mais pour qui?), ce qui n'empêche pas le taux de chômage actuel (et "OFFICIEL") d'être à près de 12%! En France, durant la même période, l'OCDE a révisé ses calculs de NAIRU de 10,2% à 8,9%, et le chômage "OFFICIEL" y est toujours de 10%...

Car ceci est une caractéristique TROUBLANTE des comparaisons que l'on peut faire entre les taux de chômage mesurés et les NAIRUs calculés: les taux de chômage obtenus dans la vraie vie ont été historiquement, depuis 25 ans, quasiment toujours supérieurs aux NAIRUs sortis des modèles des doctes économistes conseillant nos princes!
De là à conclure qu'il s'agit là d'une preuve supplémentaire que le NAIRU a bien été UTILISE comme limite inférieure du taux de chômage en-deça duquel il ne fallait surtout pas descendre, il n'y a qu'un pas que je n'hésite pas à franchir...
Les courageux pourront se reporter par exemple au document de l'OCDE dont je mets le lien ci-dessous:
http://www.oecd.org/LongAbstract/0,2546,fr_2649_201185_2086121_1_1_1_1,00.html
Il faut ensuite cliquer sur le titre en gras pour accéder au document pdf, mais lisez d'abord la page de présentation de l'étude, qui est savoureuse. Pour ceux qui n'auraient pas bien saisi le sens de "soutenable" dans la bouche des économistes NAIRUistes, est "soutenable" ce qui n'accélère pas l'inflation. Evidemment! Point de développement soutenable ou durable de la planète la dedans...
Ce document nous dit entre autres la chose suivante (je cite, voir page 5 du document)
« Parallèlement, les estimations révisées impliquent que pour la plupart des pays de l’OCDE, le chômage effectif a été largement supérieur au NAIRU durant une bonne partie des années 1990, ce qui est cohérent avec la réduction sensible de l’inflation à l’échelle de la zone.[...] C’est particulièrement vrai dans la zone euro : l’écart moyen entre le taux de chômage effectif et le NAIRU estimé depuis 1993 et d’environ 1,75% . Une bonne partie de cet écart est imputable aux trois principales économies de la zone euro ».
Quoi de plus normal que d'avoir un taux de chômage "OFFICIEL" supérieur (en moyenne de 1,75%) aux NAIRUs préconisés, puisque c'est le principe même du NAIRU, qui est le taux de chômage minimum qui stabilise l'inflation? Or comme le précise la phrase citée, ceci est cohérent avec la "réduction sensible de l'inflation" (euphémisme) obtenue en parallèle dans la zone euro!
Je ne résiste pas, par ailleurs, à l'envie de vous citer cette "amusante" phrase extraite d'un document de travail du Sénat: (qui est par ailleurs un endroit où le NAIRU se sent bien manifestement: si vous y faites une recherche sur les 20 dernières années , ce ne seront pas moins de 32 documents faisant référence au NAIRU qui vous seront servis!)

"les périodes où le chômage effectif est passé au-dessous du seuil de l'estimation du NAIRU sont malheureusement trop rares et trop courtes pour en tirer des conclusions" (SIC!)

lien: http://www.senat.fr/basile/visio.do?id=r848969_5&idtable=r848969_5&_c=nairu&rch=gs&de=20041008&au=20051008&dp=1+an&radio=dp&aff=sep&tri=p&off=0&afd=ppr&afd=ppl&afd=pjl&afd=cvn&isFirst=true

Eh oui, dans l'économie moderne,
UN CHÔMEUR EST BIEN QUELQU'UN QUI TRAVAILLE SANS LE SAVOIR... A TIRER L'INFLATION VERS LE BAS!
Pssitt!!! Quelqu'un pourrait-il le lui dire, ça pourrait lui remonter le moral...

Comments:
J'ai pris sur mon temps de travail (je travaille à lutter contre l'inflation...) pour lire le document de l'OCDE et j'ai essayé de me mettre dans la peau du NAIRUmane fanatique.
Si j'ai bien compris la précarisation du travail est donc un critère de réévaluation à la baisse du NAIRU. C'est logique : un travail précaire possède un fort potentiel de "pression au chômage" et donc un effet positif sur la limitation de l'inflation. Un CDI en revanche permet, du fait d'une possibilité plus faible d'être licencié, des prétentions en termes d'augmentation de salaire ou d'autres aménagements avatangeux pour le salarié qui impliquent (comme vous l'avez montré) une évolution négative pour l'inflation.
Je me demande alors si le niveau général de qualification des chômeurs ne correspond pas également à un critère de réévaluation possible.
En effet un chômeur qualifié peut prétendre à un spectre d'emplois beaucoup plus large qu'un chômeur non qualifié (qui peut le plus peut le moins). Et en cela il exerce indirectement une "pression au chômage" plus forte sur les salariés en général (qualifiés ou non) selon la loi de l'offre et de la demande. Si la moyenne du niveau de formation des chômeurs augmente, la pression engendrée est plus forte. Et mieux encore, cette pression permet de flexibiliser les emplois qualifiés.
Cette réflexion m'est venue en lisant la recommandation* de l'OCDE envers les pouvoirs publics d'accélérer la hausse du niveau de qualification général (études secondaires et formations post-scolaires) pour les explications suivantes : "Les retombées de l’investissement dans l’enseignement supérieur pour les individus et pour la société sont souvent importantes, tant du point de vue financier que du point de vue économique et social au sens large, due à une productivité accrue et une meilleure santé mentale et physique" et, plus loin : "En outre, même si les possibilités de formation post-scolaire sont généralement accessibles aussi bien aux femmes qu’aux hommes, elles restent moins fréquentes pour ceux qui en ont le plus besoin, tels que les chômeurs ou les personnes ayant des emplois peu qualifiés".
Des emplois qualifiés et précaires, voilà le modèle du futur.

Dites-moi si je m'égare...

Antoine.

*http://www.oecd.org/document/34/0,2340,fr_2649_201185_35342178_1_1_1_1,00.html
 
Bonsoir Antoine!
Concernant vos conclusions quant à l'évolution vers un "précariat étendu et diffus" comme substitut au chômage qui se voit comme le nez au milieu de la figure (surtout au moment des élections ou ... des référendums), c'est très clair. C'est comme cela que certains pays ont déjà "abaissé" leur NAIRU... Sachant qu'en fait le NAIRU est calculé à partir des courbes salaires-chômage, un précariat plus étendu abaisse les salaires et correspond donc à un NAIRU plus faible.Encore une fois, le principe actif du NAIRU n'est pas le chômage, mais la pression sur le marché du travail, et dans cette optique, le chômage est un moyen de pression efficace. Mais l'insécurité économique en général et la dépendance au salaire en sont un encore plus efficace. D'après vous, pourquoi la grande distribution par exemple utilise depuis belle lurette des contrats à temps partiel (genre 20 heures par semaine)? Peut-être aussi parce que une personne qui ne touche qu'un demi salaire est dans une précarité telle qu'elle ne peut réclamer grand chose...Voir à ce sujet toute la rhétorique actuelle du Medef et de feu Raffarin sur le "travailler plus pour gagner plus"! Illustration simple de ce vers quoi on va nous emmener ...tout en faisant baisser le NAIRU. Mais en augmentant le "NAIRP", ou le P de "Précarité" aura remplacé le U de "Unemployment"!
Pour la petite histoire, une conversation il y a trois jours avec un économiste de l'OCDE, sur le NAIRU, m'a révélé que le principal facteur de baisse du NAIRU en Espagne avait été l'afflux d'immigrés dans un pays qui ne possède pas de salaire minimum... Vous voyez, les pistes sont ouvertes! Concernant le rapport salarié/chômeur, vous devriez chercher sur Internet les expressions "Insiders/Outsiders"... Dites moi quelles sont vos conclusions après cette recherche:o)
Pour le niveau d'éducation, il est certain que la surqualifiaction (et donc le sous emploi qui en résultent) sont des aubaines pour certains employeurs. Cependant, il y a des effets secondaires gênants. Car plus "le jeune" va être formé, plus il est possible (mais ca c'est pas sûr à 100%!) qu'il analyse sa situation et devienne rebelle ou méfiant...Dans les dictatures, c'est toujours les intellectuels que l'on met en prison (au mieux), non? Donc je ne sais pas si votre conclusion est exacte. La tendance serait plutôt à l'américaine: un niveau jusqu'au bac très médiocre (de l'école et des élèves) puis on sort les perles et on les place dans les écoles prestigieuses et largement financées par les entreprises... Avantage: ces "élites" vont être fières de leur destinée ("champions"), et à côté on dispose d'un réservoir infini de personnes interchangeables pour assurer le gros du boulot...
Cordialement.

Guillaume de Baskerville
 
Merci pour votre réponse.
Vous dites : "le principe actif du NAIRU n'est pas le chômage, mais la pression sur le marché du travail".
Le but est donc de maintenir un niveau global d'inconfort (d'insécurité) social(e) assez élevé pour maîtriser les salaires tout en se donnant l'air de lutter contre le chômage (contrats nouvelle embauche par exemple).
Mais si le but de la flexibilisation du travail est la baisse des salaires, cela n'a-t-il pas un effet néfaste sur la consommation et donc sur la croissance et finallement sur le chômage ?
Le rapport de force outsiders / insiders permettrait donc une précarisation générale de l'emploi qui ne serait profitable à aucun des deux partis (le chômage se maintenant à un niveau élevé).
Le but des politiques actuelles sur le marché du travail serait-il en fait avant tout de maintenir un niveau acceptable de l'inflation avant de faire baisser le chômage (autrement qu'artificiellement en agissant sur les statistiques) ?
Pourquoi est-ce un enjeu si important et à qui profite le crime ?... J'ai hâte de vous lire à ce sujet sur votre blog consacré à l'inflation !

Salutations.

Antoine.

P.S. J'avoue n'être pas vraiment familier avec le monde de l'économie et parfois le concept du NAIRU me semble très abstrait : dans quelle mesure n'est-il pas également estimé a posteriori en constatant simplement le niveau du chômage et de l'inflation ?
 
Vous posez décidément des questions fort intéressantes et légitimes. Je ne sais pas si je vais répondre correctement à toutes vos questions. Concernant votre "p.s." sur le caractère théorique du NAIRU, je dois avouer que n'étant pas économiste de formation, mais m'y étant mis sérieusement il y a 4 ans (ainsi qu'à la compréhension de la finance moderne, encore très partiellement cependant), j'ai eu la même réaction que vous: je n'avais même pas idée que l'on puisse faire autant de calculs et d'études pour piloter l'économie! Et pourtant, il n'y a que deux hypothèses: soit tous ces gens ne servent à rien et ne font que du vent, soit il font beaucoup de vent mais ce vent oriente nos vies et la société dans un certain sens (qui ne me semblait d'ailleurs pas être le bon d'où ma quête).
Concernant le but des politiques qui consisterait à lutter prioritairement contre "l'inflation", on peut enlever le conditionnel: c'est l'objectif UNIQUE ET PRIORITAIRE inscrit dans le marbre des statuts de la Banque Centrale Européenne, celle qui contrôle une chose aussi insignifiante que LA CREATION MONETAIRE (c'est-à-dire la quantité d'argent en circulation dans toute l'économie européenne soit environ 6000 milliards d'euros). Donc il n'y a aucun doiute la dessus: oui bien sûr, l'inflation est prioritaire sur le chômage, le Président de la BACE, Jean-Claude Trichet a encore il y a peu balayé d'un revers de main toute tentative d'intégrer un objectif d'emploi dans sa politique monétaire (mais en fait, les statuts de son institution lui donnent le droit et le devoir de rejeter une telle proposition. Cette Banque Centrale est la plus "indépendante" au monde, elle n'a de compte à rendre à personne!Là encore c'est écrit dans ses statuts).
 
(en me relisant, "BACE" c'est pour BCE bien sûr!)
Concernant l'obsession de l'inflation, c'est trop long à expliquer là, mais dites vous juste qu'en économie capitaliste, le but est de créer les conditions pour maximiser les profits. Profits de qui? Certes il y a une légère différence entre le cordonnier du coin ou le petit entrepreuneur et la multinationale ou la Banque HSBC... Les premiers auront du mal à infléchir les politiques décidées au sommet, le lobby des cordonniers étant très embryonnaire à Bruxelles! MAis il est clair que la finance, elle, est très représentée là où il faut agir. Or gagner de l'argent est une chose (reduire les coûts salariaux en pesant sur le marché du travail y contribue agréablement), faire en sorte que sa valeur ne s'érode pas en est une autre extrêmement importante...que nous "pékins moyens" sous-estimons grandement. Mais pas certains. D'où l'obsession de l'inflation depuis 20 ans. Regardez les courbes du chômage et de l'inflation en france depuis 20 ans et vous verrez qu'elles sont étonnament en sens inverse! (si vous en trouvez sur Internet qui soient superposables et "parlantes", je suis preneur pour mettre sur le blog...). Plein d'autre choses à dire sur ce sujet, mais je crains que vous ne deviez patienter que le deuxième BLOG démarre (mais mon fidèle ADSO est toujours en quête dans les labyrinthes:o))
Enfin, concernant l'impact sur la consommation, je vous rappelle quelques faits: le marketing et la pub savent faire vendre au delà du raisonnable, les crédits à la consommation fournissent le carburant (et y'a encore de la marge, regardez les américains!) tout en jouant un rôle de contrôle social très fort (car du coup, les endettés sont pieds et poings liés), enfin on sait que ce sont les populations les plus pauvres qui sont les plus enclines à depenser (on dit en jargon économystique qu'elles ont "une plus grande propension à consommer qu'à épargner"). Et comme la société de consommation est aussi une "société de consolation" (voir Robert Ebguy), on comprend que les revenus modestes soient en plein dans la cible consommatoire malgré tout...
Les financiers jouent rarement aux jeux de hasard de la Française des Jeux, les classes défavorisées oui. Mais les financiers jouent à des jeux bien plus lucratifs dans les bulles où l'argent se reproduit en captivité (sous l'oeil bienveillant des Banques Centrales manifestement).

Guillaume de Baskerville
 
Encore merci pour toutes vos réponses.
Voici une courbe chômage / inflation qui me semble assez claire :
http://web.univ-orleans.fr/DEG/LEO/CRE/macro/Image14.gif
(trouvée ici : http://web.univ-orleans.fr/DEG/LEO/CRE/macro/jbd2.html)
Par ailleurs France Culture diffuse une émission Radio Libre intitulée "Qu'est ce que chômer veut dire ?" samedi 1er octobre de 15h à 17h.

Tous mes encouragements une nouvelle fois pour vos blogs.

Antoine.
 
Merci pour l'adresse du site. La courbe est effectivement parlante...
Par ailleurs, ce site, que je ne connaissais pas, est un "nid" d'infos en particulier sur la politique monétaire. En et en plus, c'est expliqué de manière assez simple...

Je vous conseille la lecture de cette page (longue):

http://web.univ-orleans.fr/DEG/LEO/CRE/macro/session1.html#Doc1

lisez la partie concernant la courbe de Phillips, ainsi que les déclarations de Friedman. Et vous comprendrez pourquoi ce modèle a tant le vent en poupe actuellement... Mais "sur le long terme" c'est le grand crédo de Friedman), tout devrait aller mieux! C'est ce qu'on raconte depuis 30 ans aux pays de Sud avec les "politiques d'ajustement structurel" du FMI et de la BAnque Mondiale. Mais à court terme, t'es toujours au chômage et certains profits explosent... Juste une anomalie prévue par la théorie!

Guillaume de Baskerville
 
Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.
 
Encore deux précisions suite à vos questions précédentes:

1) concernant la manière dont les NAIRUs sont calculés, il semble d'après mes recherches sur le sujet qu'il y a effectivement deux grandes méthodes: (c'est en fait la même histoire dans beaucoup de disciplines, comme la météorologie par exemple)

- une méthode par modélisation à partir d'équations théoriques: les brillants économistes essaient de recréer un monde virtuel (un vrai jeu très excitant en fait... un peu comme la conception d'un jeu vidéo!) avec toutes les variables qui leur semblent pertinentes. Se pose la question des hypothèses du modèle et de l'introduction de valeurs numériques crédibles pour sortir ensuite des chiffres pas trop aberrants...

- une méthode par extrapolation et adaptation des valeurs statistiques du passé. Dans ce cas bien sûr, on part du principe que que le temps qu'il a fait en général peu prédire quelquechose du temps qu'il va faire (genre version moderne du savoir empirique des anciens, de leurs rhumatismes, etc.).

MAIS, et à la différence de la météo, l'économie ne vise pas qu'à prédire le temps qu'il pourrait faire, elle vise SURTOUT A FAIRE LE TEMPS DE DEMAIN!

C'est toute la différence entre une SCIENCE, et une discipline qui UTILISE des outils scientifiques pour JUSTIFIER DES REGLES D'ORGANISATION DE LA SOCIETE HUMAINE (économie = OIKOS NOMOS en grec, nomos: la règle; alors que le niveau supérieur des "lois" de notre "maison la Terre", c'est l'OIKOS LOGOS, soit l'ECOLOGIE!).

MAIS, quelle que soit la méthode de calcul, ce qui est LE FAIT IMPORTANT, C'EST QUE LE NAIRU EXISTE ET SOIT UTILISE, ET CE SANS QUE LE CITOYEN N'AIT QUOIQUE CE SOIT A DIRE LA DESSUS PUISQU'IL N'EN A JAMAIS ENTENDU PARLER!

Et le fait que le NAIRU soit utilisé de manière opérationelle se voit notamment par les symptômes REELS suivants (je passe sur les textes innombrables qui montrent son usage):

* LA VOLONTE PRIORITAIRE DONNEE A LA LUTTE CONTRE "L'INFLATION", qui est en plus là encore un miroir aux alouettes qu'il faut dénoncer (ça va venir). Ce qui, dit autrement, signifie simplement que la valeur argent est prioritaire sur la soit-disant "valeur travail" (morale, et non en terme pécunier bien sûr) dont on nous rebat les oreilles ces derniers temps. Rien de surprenant en système "capitaliste", c'est écrit dessus, et affirmé dans les textes de loi: CAPITAL>TRAVAIL. Point. Ce que les salariés virés ne comprennent pas en général. Pourtant ils ont tort. LA règle est celle-là, elle est implicite (et même explicite en fait) dans leur contrat de travail...

* le fait concommittant que le chômage mesuré s'établisse bien (en %)au dessus du NAIRU en général depuis trente ans...

Concernant le fait que le chômage massif finisse par être un problème pour un tel système et non seulement un outil utile à sa perpétuation, ceci est évident (à trop tendre la corde celle-ci peut finir par casser). D'abord parce qu'il faut bien vendre tout ce qu'on produit pour faire un profit. J'ai indiqué les pistes employées pour contre-carrer cet effet (crédit à la conso, marketing et pub, pour rendre le citoyen "accro à la conso"), j'ai oublié un effet temporaire qui tend à amortir le choc: la désépargne (on tape dans nos réserves, ou celles de nos parents, pour continuer à vivre et consommer; d'où les mesures de l'Etat pour faciliter la transmission à frais réduit des patrimoines des parents aux grands-parents (quand ils existent...). Et bien sûr, il y a la mondialisation qui à l'origine vise surtout à s'ouvrir de nouveaux marchés solvables pour les grosses sociétés.

Mais le risque le plus évident est le risque politique: celui de révolte. C'est pourquoi la pauvreté assistée et diffuse est moins dangereuse que le chômage dur (imaginez une minute qu'il n'y ait pas eu de filet de sécurité depuis trente ans et que les chômeurs n'aient pas été indemnisés: je peux vous garantir que la situation aurait été "chaude" pour certains parmi les plus privilégiés). Il ne faut pas prendre au mot tout ce qui est dit et consiste à faire peur aux citoyens. Le système doit assister un bon nombre pour "acheter" leur calme relatif. Ce n'est que petit à petit que la tolérance à l'injustice et aux inégalités augmente dans une société. C'est toute une construction sociale de représentations et d'habituations qui doit se faire... Ce qui se fera au fur et à mesure que les NAIRUs devenus trop "gênants" baisseront... en se réincarnant sous d'autres formes!

C'est pourquoi il est important que se constituent de nombreux "NAIRUBUSTERS" :o)

Guillaume de Baskerville
 
NSU - 4efer, 5210 - rulez
[url=http://bk-magazin.com][/url]
 
"je n'avais même pas idée que l'on puisse faire autant de calculs et d'études pour piloter l'économie! Et pourtant, il n'y a que deux hypothèses: soit tous ces gens ne servent à rien et ne font que du vent, soit il font beaucoup de vent mais ce vent oriente nos vies et la société dans un certain sens (qui ne me semblait d'ailleurs pas être le bon d'où ma quête)."
D'ailleurs je crois qu'on peut généraliser, ce n'est pas particulier à l'économie, ça s'applique aussi à la médecine et à son jargon d'origine grecque de préférence, et sans doute à beaucoup de secteurs non productifs, mais quand on a compris comment ça marche, on comprend mieux et plus vite sans formules ni jargon
Malheureusement il faut du temps pour bien comprendre, et en médecine ça sert toujours,par contre en économie, ca évite au moins de se croire coupable de ses difficultés professionnelles, mais quelle action mener ?
-j'aime bien les couleurs mais je trouve bizarre d'en parler dans un comment
- les spams, c'est échelon qui parasite le site ou quoi ? -
 
EXEMPLE DE FORMULE BRANDIE POUR LE CALCUL DU NAIRU :
formules "mathématiques" typique de celle qu'on apprenait en Sciences Eco (de mon temps déjà et visiblement ça n'a pas changé)
u = unemployment
"Thus second
Monetarist closure becomes:
u = f (d ,L) N 14.Mo
where d denotes the demographic structure and L various relevant labor market institutions."
extrait de
"IS THE NAIRU THEORY A MONETARIST, NEW KEYNESIAN, POST KEYNESIAN OR A
MARXIST THEORY?"
http://www.wu-wien.ac.at/inst/vw1/papers/wu-wp96.pdf
en fait, on est loin de la rigueur mathématique, ou même des sciences physiques, où toutes les variables sont rigoureusement définies : ex : L, semble un peu "bizarre", non ?

si en tant qu'étudiant, vous avez le courage de protester que c'est un peu flou, on peut toujours vous répondre que c'est parce que vous n'avez pas l'habitude, mais que les experts, eux, savent bien définir les variables
Mais, si c'est flou en amont, et si le résultat en aval n'est pas satisfaisant, sans réfléchir plus, on peut conclure que les savantes formules de ces experts deviennent carrément suspectes, non ???
 
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